Pourquoi tu vas aussi mal ? (le néolibéralisme)

    Suite aux élections présidentielles, beaucoup de personnes ont appelé à voter utile. Pourquoi ? Pourquoi autant de personnes redoutent d'avoir Emmanuel Macron pour 5 ans de plus ? Quel est le problème?Aujourd'hui, je ne vais pas répondre directement à ces questions. Il y a, sur internet, beaucoup d'articles et de vidéos sur le bilan du président. Ce qui m'intéressait surtout c'était de savoir ce qu'était réellement le néolibéralisme et quel était le danger.

Pourquoi on dit que Emmanuel Macron est « d'extreme droite » ?

LE LIBERALISME

Déjà, pour reprendre la définition du libéralisme, c'est un courant de pensée qui prône la défense des droits individuels, au nom d'une vision fondée sur l'individu et la coopération volontaire entre les humains.Le système libéral repose donc sur la responsabilité individuelle.  

    Dit comme ça, c’est très chouette et si tu trouves ça chouette c’est surement que dans ton sac à dos (tout comme moi) tu as plein de privilège. En gros le libéralisme c’est surtout une croyance que tu peux être et faire ce que tu veux.Le problème c'est qu'en fonction de ton âge, sexe, poids, handicap, religion, couleurs de peau l'accès à ces normes sont extrêmement difficiles. Funfact : y a très peu de chance que tu deviennes riches. J'avais parlé de ce continuum (échelle de réussites sociales) de façon plus précise dans ma vidéo sur la méritocratie. Le problème avec cette utopie libérale c'est qu'elle ne cesse de creuser l'écart entre les plus riches et les plus pauvres… puis de là, le néolibéralisme, soit le libéralisme avec TRIPLES LASERRRRS arrivent dans nos vies (oui je m'emballe un peu).


Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler de l'article de Pierre Bourdieu « l'essence du néolibéralisme ». Pierre Bourdieu est un (grand) sociologue français qui étudiait les relations de domination, à travers le capital (petit sac à dos de vie). Dans les années 1980, il a commencé à s'intéresser à l'économie. Et oui, parce qu'à la base, il y avait les sciences humaines et sociales (histoire, anthropologie, philosophie, sociologie, psychologie, économie....) qui se distinguaient les unes des autres... et puis le champ économique à tout grignoter tel un blob ! Il faudra que je vous fasse un billet sur ça, c'est hyper intéressant pour comprendre le monde.

Ainsi, dans ce texte (et dans sa vie), Pierre Bourdieu s'interroge sur le monde économique à travers le discours dominant. Celui qui se présente comme un "ordre pur", "parfait" et "logique". Un ordre où l'on nous présente une nouvelle façon de voir le monde, où la liberté individuelle l'emporte. 
En réalité, pour l'auteur, cette utopie néo-libérale fonctionne si bien parce qu'elle est basée sur la théorie économique. Contredire l'économie, c'est comme contredire le « patriarche », qu'importe les conneries qu'il dit, tout le monde semble ébahit par son discours. 
Mais pour l'auteur, ce discours dominant n'est qu'un mythe, « une pure fiction mathématique ». Ce mythe provient de la théorie autour de la rationalité économique
En gros, d'après le modèle économique, nous serions des « homo œconomicus », soit des individus qui cherchent à satisfaire leurs besoins à travers un calcul de coût et de gain. En réalité, on serait plutôt éduqué à devenir des homo œconomicus et c'est NON. Pour Marcel Mauss (théorise le don), on le deviendra si on continue de laisser l'économie dicter nos sciences sociales.  Un homo œconomicus, c'est globalement un robot, rationnelle, qui ne laisse plus de place à l'émotion. Bourdieu nomme de « dé-socialisée et dé-shistoricisée » cette théorie qui est empiriquement vérifiable (valide mais à quel prix ?). C'est vendu comme un « discours fort » et plein d'espoir. C'est un discours qui fait croire qu'on change les choses, qu'on avance. Et c'est la politique Emmanuel Macron, avec son slogan « le changement c'est maintenant ». Le Néolibéralisme se vend comme progressiste, mais est profondément conservateur. La présidence managériale de Macron qui se veut ni à droite, ni à gauche (ce qui est faux, il est de droite) et la quintessence du néolibéralisme. Pour Pierre Bourdieu, cette transformation interne du gouvernement n'est qu'un nouveau étatisme, qui transforme profondément les individus et leur socialisation. C'est « un programme de destruction méthodique des collectifs. ».

LE NEOLIBERALISME


En gros, TOUT est calculé autour de cette « machine logique », même les relations sociales. Tu vois l'application Tinder c'est absolument calculé sur la rationalité. Le but étant de donner un nouveau souffle à l'amour et au couple, mais continue d'entretien les formes de domination
Tout ce que tu vois, entends est calculé à travers un marketing: "coût/gain". Vous allez me dire oui et ? C'est bien non ? Et bien, oui mais, ça te pousse à consommer plus et à être de plus en plus individualiste. Tu n'as plus besoin de ton prochain pour gagner de l'argent, pour améliorer tes compétences, pour avoir une carrière ou même une famille. C'est un système qui privilégie l'individuelle. On a de plus en plus de discours autour du "je n'ai besoin de personnes".
Ce n'est qu'un renouvellement des formes de domination. Et qu'importe où tu es sur l'échelle de la réussite sociale, tu peux tout perdre, donc tu dois t'« ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ». Donc travailler toujours plus, donner toujours plus et être en compétition avec toutes les personnes autour de toi. C'est chacun pour sa gueule. Ainsi, les relation de confiance n'existe plus, l'entraide non pllus. 
    Par exemple, je tacle souvent le développement personnel, c'est le pur fruit de ce modèle néo-libéral. C'est l'illusion du « participatif », du collectif à travers des discours qui « parlent de confiance, de coopération, de loyauté ». Chaque personne se blâme pour ses échecs avec une responsabilité individuelle qui ne cesse d'accroitre un sentiment de malaise et qui pousse à être de plus en plus ingénieux pour gagner de l'argent sur le dos des autres. C'est ce que Pierre Bourdieu nomme de techniques d'assujettissement rationnel, assujettis aux autres, mais aussi à soi-même. Le néolibéralisme donne l'illusion de la liberté, mais est régi par de nombreuses normes toujours plus difficiles à atteindre, pour tous. C'est « de la lutte de tous contre tous ». Ainsi, « dans l'insécurité, la souffrance et le stress », chaque individu se bat (contre lui et les autres pour s'en sortir).




      
Finalement, le pouvoir du Néolibéralisme c'est de réussir à faire croire qu'on change les choses pour ne finalement rien changer.
    Ne changer aucune logique centrale puisque la logique économique aujourd'hui envahi nos univers sociaux, culture et symbolique. C'était déjà le discours de Karl Marx. Une utopie bien construire autour d'un rêve de « free trade faith » pour tous. 
Ce néolibéralisme pourrait être judicieux si on était égaux de base et bien qu'en théorie c'est censé être le cas… en pratique ça ne l'est pas. On blâme ceux que l'on considère plus faibles. On se déteste entre nous, on se méprise, on se juge à travers une recherche « purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité ». Puisque de toute façon, c'est marche ou crève. N'est-ce pas le fameux diviser pour mieux régner ? 
Pour Pierre Bourdieu, les économiste, à travers cette logique pure « sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses. » Ce modèle ne serait pas viable sur le long terme (évidemment on va tous s'entre-tuer et tuer les autres espèces vivantes). Les économistes et politiques « participent et collaborent à un formidable changement économique et social, même si certaines de ses conséquences leur font horreur ».  
    Aujourd'hui, on voit « les effets immédiatement de la mise en œuvre de la grande utopie néo-libérale ». La division de la société à travers une « une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement », la disparition de production culturelle (on s'en fout si ça ne rapporte pas d'argent), destruction des relations sociales, la poussé de la Xénophobie, l'impact climatique. 

    Et, le point fort du néolibéralisme c'est son « paradoxe ». Il transforme la régression en progrès et donne l'air à tous ceux qui le combattent d'êtres eux-mêmes régressif. Ainsi « toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu'elle vient de l'État, par quelque biais que ce soit, est d'avance discréditée ». Tout est calculé, orchestré autour de cette loi du marché, dont nous baignons dedans sans même nous en rendre compte. Pour nous, c'est juste logique, alors que non. On perd de plus en plus notre humanité.
Mais, c'est aussi grâce à cette peur collective que le système fonctionne. C'est grâce à tous les travailleurs sociaux, toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, ça donne l'illusion que tout va bien alors que des gens tiennent le système à bout de bras. Nous voyons que le haut de l'iceberg du néolibéralisme comme quelque chose de fiable et viable, mais on ne voit pas les conséquences « les plus terribles sur le long terme ». On ne le verrait qu'à travers notre petit nombril, puisqu'on est éduqué à ne voir que comme ça. Le bas de l'iceberg est dissimulé par la masse, à travers la résistance et l'espoir que le Neolibralisme suscite chez toutes les classes sociales (du génie vraiment). L'espoir pour certain, à travers cette régression, de retrouver un ordre ancien, à travers les « privilèges » et titre. Où chacun sera récompensé de sa force de travail (ce qui n'est pas possible). 

    Une société individuellement qui donne l'illusion du collectif. « Une nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l'accomplissement humain. »

Ps: Je suis dys, il a y probablement des fautes et des coquilles.
Si jamais, tu peux me le dire, sinon c'est ok aussi !


Pour aller encore plus loin :

📕L'abîme de la liberté - Michel Freita
📕Essai sur le don - Marcel Mauss (ou synthétisé ici)
📕 Marx critique du libéralisme







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3 Commentaires

  1. Merci pour ce travail, c'est hyper intéressant <3

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  2. Merci pour cet article ! Passe une belle journée !

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  3. Coucou, ton article est une bonne introduction au néo-libéralisme mais c'est dommage de ne pas aborder ses autres aspects super importants et dangereux, comme la suppression du rôle de l'Etat dans les flux économiques, la répression du syndicalisme, la suppression des droits sociaux au profit du secteur privé, ses différentes formes en fonction du pays (ex. de Thatcher au R-U, Reagan aux US, Pinochet au Chili, etc), ses racines coloniales, etc.
    Bonne continuation ! :)

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